Benoit Stefani

Des­si­na­teur, peintre, plas­ti­cien, sculp­teur, Be­noit Sté­fa­ni mé­lange les genres, les mé­diums, les ou­tils. C’est d’ailleurs la rai­son pour la­quelle après les Beaux-Arts de Saint-Etienne et de Va­lence, il aban­donne la pein­ture, qui le can­tonne dans un cadre trop li­mi­té à son goût. In­ca­pable de se res­treindre à un seul et unique sup­port il ex­plore presque naïve­ment les re­coins de notre in­cons­cient col­lec­tif en leur don­nant du re­lief dans des œuvres simples qui font sens. Cais­sons lu­mi­neux, des­sins au scotch, sculp­tures, ma­quettes, des­sins, col­lages sur pe­tits for­mats, ins­tal­la­tions, per­for­mances… Les ma­té­riaux changent, mais le tra­vail reste iden­tique. Col­lec­tion­neur fré­né­tique, l’ar­tiste ac­cu­mule toutes sortes d’ob­jets gla­nés au gré de ses ses­sions de plon­gées, ou de ses ba­lades ur­baines. Pa­pier, car­tons, em­bal­lages, plas­tique, cap­sules… De cet at­ti­rail hé­té­ro­clite il en puise son ins­pi­ra­tion, sans cesse re­nou­ve­lée, sans cesse re­mise en cause.

Fas­ci­né de­puis tou­jours par la mer et son uni­vers, elle de­vient l’une de ses prin­ci­pales sources d’ins­pi­ra­tion. A tra­vers Alpha, revue des 80’s, il af­fine un peu plus en­core son goût pour l’aven­ture ma­ri­time. Il af­fec­tionne tout par­ti­cu­liè­re­ment tan­kers, pé­tro­liers, pla­te­formes co­los­sales et tous ces ten­ta­cules flot­tants. Fas­ci­né au­tant que dé­gou­té par l’usage de ces ob­jets, il ré­in­vente un em­ploi plus poé­tique à ces en­gins, sym­bole d’un ca­pi­ta­lisme qu’il ne prend même pas la peine de dé­crier. De toute cette so­cié­té mar­chande, il pré­fère en rire… se mo­quer pour mieux condam­ner. Alors, il dé­tourne, contourne, dé­forme, joue avec l’ap­pa­rence, ce que l’on croit per­ce­voir : Dans ses des­sins au scotch, il évide les es­paces pour ne lais­ser que l’en­ve­loppe des choses, vaste es­pace la­cu­naire que cha­cun est libre d’in­ves­tir à sa guise. Ses tan­kers de­viennent alors sous son re­gard d’idéa­liste des îles flot­tantes, nou­veaux ter­ri­toires à conqué­rir, ré­in­ven­ter et ré­amé­na­ger. Tan­dis que ses fas­ci­nants cais­sons lu­mi­neux se trans­forment en fe­nêtre sur un ailleurs plus ac­cueillant où tout semble pos­sible… pour mieux tra­ver­ser le temps.

Piazza Discobole

Etude pour une pénétration dans l’air du temps

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