Lina Manousogiannaki

En parcourant ma terre natale crétoise, j’ai découvert perché sur une colline un vieux bus abandonné. Le modèle parfait. En le photographiant, j’ai passé un certain temps à l’intérieur du bus, essayant d’imaginer les passagers qui le fréquentaient au cours du temps durant leurs déplacements. A quoi ressemblaient-ils ? Quelles étaient leurs pensées, leurs attentes ? Quel était leur état d’esprit au quotidien, fixés sur ces banquettes ?

Cet espace fermé se transformait progressivement en une plate-forme de communication entre les passagers, et l’idée de mettre en scène ce microcosme s’imposait de façon naturelle. Il était intéressant de recréer l’atmosphère “vintage” encore en suspension dans le bus, mais dans la touche surréaliste que dégageait désormais le décor. Les modèles furent choisis, habillés et mis en scène.

Mais il manquait le fil rouge qui reliait ces passagers entre eux. Un évènement capable de transcender le lieu commun du véhicule et le sublimer dans une sphère inhabituelle.

Baignée par les réminiscences du réalisateur surréaliste Luis Buňuel et les polars d’Agatha Christie, les attitudes, les couleurs, l’atmosphère fantomatique fournissaient l’arrière-plan : le meurtre. Le but était non seulement de plonger les protagonistes dans une aura de mystère, mais d’impliquer également le spectateur dans cet instant figé suivant le crime. L’art reflète trois entités : l’œuvre elle-même, celui qui la crée et celui qui la regarde. Ce dernier, malgré son rôle majeur, est également souvent le plus anonyme, et mis devant le fait accompli.

Ce bus était l’occasion de mettre en scène le spectateur, de l’engager dans le dialogue. Dès lors, cher spectateur : Qui a assassiné Simon J. ?

The Assasination of Simon J.

L’assassinat de Simon J.

Cpt & Mrs America

Sweet Sixty

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