Toys Trust

Fabien Didelot

Il était une fois une ren­contre, fu­gace mais d’une in­ten­si­té évi­dente, celle des uni­vers de Lewis Car­roll, de David Lynch, de E.A.T. Hoff­mann, et même de William Blake ex­plo­rant les portes de la per­cep­tion.

De cette im­pro­bable ren­contre fi­gure l’étran­ge­té, tel un lapin fa­cé­tieux, hyp­no­tique et in­quié­tant, tout au­tant bur­lesque que ma­lé­fique, ou en­core l’image plus mys­té­rieuse d’une in­car­na­tion fé­mi­nine pre­nant vie par les traits d’un au­to­mate.

C’est ainsi que Fa­bien Di­de­lot nous porte avec une ins­tan­ta­néi­té presque dé­ran­geante au point li­mite et in­dé­fi­nis­sable qu’est la fron­tière entre réa­li­té et in­cons­cient. A l’en­droit même où l’on pour­rait ré en­vi­sa­ger l’étran­ge­té selon les tra­vaux de Sig­mund Freud, comme une re­pré­sen­ta­tion de croyances in­avouables, un in­di­cible sym­bo­li­sant exac­te­ment le se­cret. Il s’agit alors à la fois du se­cret comme une vé­ri­té bâillon­née de­ve­nant Objet que l’on isole dans le loin­tain obs­cur de la mé­moire, et du se­cret comme l’ef­froi cô­toyant, au plus pro­fond, la pen­sée ma­gique de l’en­fance. On touche ici à l’in­ti­mi­té vraie, à celle de l’ar­tiste qui offre en ca­deau son ima­ge­rie tout au­tant in­no­cente que ma­li­cieuse, et en écho, à celle plus vul­né­rable de ses propres tré­fonds nos­tal­giques. La re­pré­sen­ta­tion s’as­so­cie dans le tra­vail de Fa­bien à une autre di­men­sion que celle de la pure fi­gu­ra­tion es­thé­tique, elle est une confi­dence, avec toute la charge in­time, émo­tion­nelle, et ima­gi­naire, qui s’y ré­fère.

Et si l’Objet in­ter­pelle c’est que l’on se laisse sur­prendre alors animé d’une can­deur né­ces­sai­re­ment vo­lon­taire.

Fa­bienne Ar­ri­vetz

Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust
Toys Trust

back to the top